C’est une diplomatie à la fois pédagogique, directe et assumée qu’a déployée, ce mercredi, l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker. Devant un parterre de journalistes réunis à la résidence de l’UE, le diplomate a exposé la vision de Bruxelles pour l’année 2026, une année qu’il souhaite placée sous le signe de l’équilibre mondial, du partenariat responsable et de la vérité partagée, notamment sur les questions migratoires.
D’emblée, Xavier Sticker a tenu à clarifier la posture européenne : l’Union européenne ne se conçoit pas comme un simple bailleur de fonds, mais comme un acteur central d’un ordre mondial fondé sur la stabilité et le respect mutuel entre États.Â
À l’appui de cette vision, il a évoqué les récents accords de libre-échange conclus avec l’Inde [un marché de près de deux milliards d’habitants] ainsi qu’avec le Mercosur. Autant d’exemples qui, selon lui, illustrent une diplomatie européenne fondée sur des « groupes d’États qui se respectent ». La relation avec la Guinée s’inscrit pleinement dans cette logique.
La Guinée, un partenaire en voie de normalisation
Pour l’ambassadeur, la proximité géographique et les liens historiques font de la Guinée et de l’Europe des partenaires naturels, partageant un même espace et des intérêts convergents. Toutefois, l’engagement total de l’Union européenne demeure conditionné à l’achèvement du processus de transition en cours.
Deux attentes majeures ont été clairement formulées :
Une gouvernance pleinement restaurée, à travers la finalisation des dernières étapes de la transition politique ;
Un engagement renouvelé, cette normalisation constituant, selon lui, la condition sine qua non pour que la « logique d’engagement » de l’Union européenne puisse s’exprimer pleinement.
Migration : un sujet sensible assumé
Sans détour ni langue de bois, Xavier Sticker a également abordé ce qu’il qualifie lui-même de « sujets difficiles », au premier rang desquels figure la question migratoire. Tout en saluant la contribution positive des centaines de milliers de Guinéens vivant légalement en Europe, le diplomate a reconnu que le dossier des retours [volontaires comme forcés] demeure un point de friction important entre les deux parties.
Il a ainsi déploré que les mécanismes de retour des citoyens guinéens en situation irrégulière ne soient pas encore « suffisamment effectifs », parlant d’un véritable blocage qu’il conviendra de dépasser dans un esprit de responsabilité partagée.
L’« Équipe Europe », levier d’action commun
Malgré ces zones de tension, l’ambassadeur s’est voulu résolument optimiste. Se disant « redevable » devant le peuple guinéen, il a réaffirmé que l’objectif pour 2026 reste l’amélioration concrète des conditions de vie des populations, à travers l’approche dite de l’« Équipe Europe » (Team Europe).
Cette démarche vise à renforcer la coordination entre les institutions européennes et les États membres, afin de consolider les acquis, tout en avançant progressivement sur les défis structurels qui demeurent.
En conclusion, Xavier Sticker a réaffirmé la nature profondément politique de l’ambition européenne : œuvrer à la création d’un équilibre mondial fondé sur le dialogue et le respect, à l’heure où, ailleurs dans le monde, certains acteurs privilégient désormais la démonstration de force et le « poing levé ».
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