Le couperet est tombé ce 25 novembre 2025 à Lausanne. Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a rejeté l’appel de la Guinée face à la Tanzanie concernant l’ultime match des éliminatoires de la CAN 2025. Si le résultat sportif reste inchangé, ce feuilleton judiciaire marque un tournant : pour la première fois, la Guinée a refusé la résignation pour mener un combat de principe jusqu’à son terme.
C’est l’épilogue d’un marathon « footballo-judiciaire » qui aura tenu en haleine l’opinion publique guinéenne durant plus d’une année. La décision est désormais officielle : la Guinée n’a pas obtenu gain de cause dans sa réclamation concernant l’alignement controversé du joueur tanzanien Ibrahim Amé, entré avec un « faux numéro » lors du match fatidique du 19 novembre 2024.
Pourtant, au-delà de la déception légitime du verdict, il convient de lire entre les lignes. Ce dossier restera gravé comme l’acte fondateur d’une nouvelle ère pour l’administration du football guinéen: La fin de la passivité.
Pendant des décennies, le football guinéen a souvent brillé par son talent sur le terrain, mais péché par sa timidité dans les couloirs des instances dirigeantes. Combien de fois la Guinée a-t-elle « fermé les yeux » sur des injustices flagrantes ou des droits bafoués, faute de volonté politique ou de compétence administrative pour riposter ?
Ce temps semble révolu. Sous la direction de Sory Doumbouya et de son secrétaire général Ibrahima Barry « Blasco », la Féguifoot a opéré une rupture nette avec les pratiques du passé. Face à une décision initiale non motivée du jury disciplinaire de la Confédération Africaine de Football (CAF), l’instance guinéenne a refusé de courber l’échine. Elle a exigé le respect, la transparence et la justification juridique, poussant la procédure jusqu’à la plus haute juridiction sportive mondiale.

Ce combat témoigne d’une maturité administrative rarement observée sous nos cieux. La démarche n’était pas une quête désespérée d’une qualification sur « tapis vert » — le président Doumbouya ayant rappelé que l’idéal restait la victoire sur le pré — mais une exigence de justice.
La Fédération a surtout démontré sa capacité à :
- Constituer un dossier solide sur des bases réglementaires précises ;
- Tenir tête aux instances continentales (CAF) lorsque celles-ci manquent de clarté ;
- Assumer ses responsabilités en épuisant tous les recours légaux disponibles.
Comme le soulignent de nombreux observateurs, c’est une victoire morale. La Guinée a prouvé qu’elle maîtrisait désormais les rouages du droit sportif international. Ce qui renvoie à un message pour l’avenir : Plus rien ne sera comme avant.
Si le TAS a validé le résultat du terrain, les conséquences de cette affaire dépassent le cadre de la CAN 2025. La Féguifoot a envoyé un signal fort à l’ensemble du continent : la Guinée ne se laissera plus faire.

Désormais, les adversaires du Syli National savent qu’ils font face à une institution vigilante, procédurière et prête à défendre ses droits avec acharnement. Cette posture de fermeté force le respect et impose une nouvelle rigueur aux compétiteurs.
Le dossier est clos, et si l’on attend encore les motivations détaillées du rejet pour une analyse juridique complète, une chose est sûre : le football guinéen a gagné en respectabilité. C’est peut-être là, la véritable victoire de ce 25 novembre.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 novembre 2025 11:26
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