KAMPALA – En Ouganda, où le Syli National se déplace le 5 septembre pour affronter la Somalie dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, le nouveau sélectionneur de la Guinée s’est exprimé sur la situation de l’équipe nationale.
Devant la presse ce 30 août, Paul Duarte a livré son analyse dans cette mission quasi impossible de décrocher la qualification. Le technicien portugais a aussi évoqué l’absence de certains joueurs cadres pour ces deux importants matchs où la Guinée est condamnée à gagner pour espérer se relancer. Dans sa communication, le sélectionneur du Syli National a fixé ses objectifs immédiats :
“Les objectifs, c’est premièrement de renouveler l’équipe le plus vite possible. Comme je l’ai déjà dit, nous avons une belle équipe, deux joueurs par poste, mais il faut que nous soyons aussi humbles et intelligents pour voir qu’il y a des joueurs de grande qualité qui arrivent déjà dans la phase finale de leur carrière”, a indiqué Paul Duarte.
Aux joueurs qui ont refusé la sélection
Le technicien portugais a également regretté l’absence de certains cadres à ce moment crucial pour le Syli National. Sans citer de noms, il a exprimé sa déception :
“J’ai trouvé ici une situation que je n’avais jamais vue ailleurs : des joueurs qui choisissent eux-mêmes le moment de venir. Ce n’est pas normal. C’est au coach de décider, selon la forme du joueur, pas à lui de choisir. Un joueur ne peut pas venir quand il veut. Ce n’est pas une critique, mais une évaluation professionnelle. C’est dans les mauvais moments que l’équipe a besoin de ses hommes. Quand on gagne, tout le monde veut être sur la photo. Mais quand on perd, c’est là qu’on attend les plus grands. Malheureusement, je n’ai pas senti cela. Ça m’a fait mal au cœur.”
La Guinée traverse une mauvaise passe dans les éliminatoires du Mondial 2026. Avec seulement 8 points, ses chances de qualification sont très minces. Pour Paul Duarte, c’est dans ces moments difficiles que les joueurs devraient être présents :
“C’est dans ce mauvais moment que nous venons de perdre pratiquement la qualification pour la Coupe du Monde. Il faut le dire : nous avons huit points. Mathématiquement, c’est encore possible, mais pratiquement, c’est très difficile. Il faudrait gagner quatre matchs et que l’Algérie perde quatre matchs.
Je ne suis pas menteur. Je ne suis pas là pour mentir, ni pour faire de fausses promesses. Mais une chose est sûre : un entraîneur nouveau a besoin de tous les joueurs, de l’appui des plus expérimentés, des plus forts. Et le pays a besoin d’être uni face à cette frustration : frustration pour l’équipe, pour les supporters, pour les journalistes, pour la fédération… tout le monde est frustré.
Et c’est justement dans ce moment que les plus expérimentés, les plus grands, doivent répondre présents. Mais je n’ai pas senti cela, et c’est ce qui m’a fait mal au cœur. Dans toute ma vie dans le football, je n’ai jamais vu ça. Jamais.”
La porte de la sélection n’est pas fermée
Pour autant, Duarte n’entend pas tourner définitivement la page avec les absents : “Je ne ferme pas la porte. J’ai écouté leurs raisons. Mais un jour, ils reviendront frapper à ma porte pour dire : Coach, je suis disponible. Et là, je déciderai. Parce que quand on perd quelque chose, il faut être plus solide.
Aujourd’hui, je respecte au maximum les joueurs présents. Plus de qualité, moins de qualité, plus d’axiaux, moins d’ailiers, peu importe : ce sont eux qui sont là, et ce sont eux qui défendront les couleurs du pays dans cette double confrontation.”
Selon lui, la grande erreur de certaines sélections africaines, c’est que pendant 5, 6 ou 7 ans, elles n’ont rien gagné, faute d’avoir intégré de jeunes joueurs à long terme. “Je prends l’exemple du Togo : ils ont joué 7 à 8 ans avec le même effectif, sans renouvellement. Quand je suis arrivé là-bas, il n’y avait même pas de latéral gauche ni de latéral droit. J’ai été obligé de tout réorganiser. Ici, nous devons éviter cela. Nous avons de bons joueurs, mais il faut préparer l’équipe pour les dix prochaines années. Quand je parle de renouvellement, ce n’est pas pour 2 ou 3 ans, mais pour une décennie.”
Et d’ajouter : “Nous avons beaucoup de potentiel en Europe, en plus de celui qu’on peut trouver en Guinée. Mais pour attirer ces jeunes talents, il ne suffit pas qu’ils jouent dans un bon club : il faut les convaincre du projet. Les agents compliquent souvent les choses : ils préfèrent que leurs joueurs attendent avant de s’engager, même si ces derniers veulent jouer pour la Guinée. C’est l’un de nos plus grands défis.”
14 absents et des choix réduits
Pour ces deux matchs contre la Somalie et l’Algérie, Paul Duarte devra composer sans certains joueurs cadres. Une situation qui limite fortement ses options. “Actuellement, nous avons 14 absents. Mon choix est réduit de moitié, surtout au niveau des ailiers.”
Duarte estime qu’il faut renforcer l’équipe dans certains secteurs, tout en gardant à l’esprit que la construction prendra du temps : “On a des joueurs de qualité à Rennes, à Bormouth, à Bastia, mais il faut du temps pour construire. Ce n’est pas une question de deux mois. Il faudra passer ces quatre matchs en obtenant le maximum de points, puis utiliser les mois suivants pour convaincre les jeunes talents et préparer l’avenir.”
S’unir comme une famille et jouer à domicile
Le sélectionneur insiste sur l’importance de l’unité et du soutien du public : “Quand je parle de famille, ce n’est pas seulement entre joueurs, mais aussi avec le public. Ma joie, mon rêve, c’est de jouer à domicile, devant nos supporters. C’est notre grande force pour se qualifier. Il n’y a rien de plus motivant qu’un stade acquis à sa cause. Le public peut donner confiance aux joueurs, intimider l’adversaire et même mettre la pression sur l’arbitre. C’est très difficile de jouer sur terrain neutre. Je veux que cette équipe joue devant ses supporters, car ce sera notre meilleure arme pour la CAN.”
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 30 août 2025 20:08
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