Malgré l’augmentation de son budget, passant de 400 milliards à plus de 1 000 milliards, des difficultés persistent au niveau du décaissement des fonds pour les activités sportives en Guinée. Le ministre des sports parle d’un problème structurel.
‘’L’État a mis à notre disposition plus de 1 200 cadres. L’État les paye, mais il faut leur productivité, donc des activités. Ce qui se passait au ministère des sports, c’est que vous n’aviez que deux lignes pour l’accompagnement des équipes nationales. Autrement dit, si vous enlevez l’investissement et les salaires, vous trouvez la ligne : activités, qui est pratiquement consacrée uniquement à l’accompagnement des équipes nationales. Cela signifie que les 1 200 personnes, à l’exception de celles s’occupant principalement des infrastructures, doivent toutes se concentrer sur l’accompagnement des équipes. Il n’y a donc aucune ligne pour le développement au niveau national. C’est pour cette raison que, pendant des années, toute l’activité du ministère était orientée vers l’accompagnement des équipes nationales’’, explique le ministre des sports.
Il indique que ‘’la ligne la plus élevée, qui prend presque 90 % du budget, est consacrée aux titres de voyage, gérés naturellement par le ministère du budget, car il faut louer des avions, acheter des billets et réserver des hôtels à l’étranger. À cela s’ajoutent les primes, également définies par arrêté conjoint. C’est à ce niveau que nous rencontrons des difficultés de décaissement. Le personnel est uniquement orienté vers ces missions. Lorsque cela passe par le circuit, ça devient une lourdeur. C’est pourquoi, nous parlons de la nécessité d’une Direction nationale de développement des disciplines sportives, qui devrait avoir un budget exclusivement consacré à ces programmes, notamment le développement du sport scolaire dans les communes et les activités associées’’.
Il annonce que ‘’nous avons proposé la création de Nimba Sport, avec une direction qui devrait fonctionner comme une régie. Cette régie serait naturellement financée par les taxes sur le tabac, l’alcool et les jeux de hasard. Elle aurait pour mission de gérer les stades, ce qui permettrait de fonctionner comme une entreprise privée, où 72 heures suffiraient pour effectuer un paiement. Elle devrait aussi être capable de planifier les voyages. Actuellement, le ministère dépend des agences de voyage et des prestataires basés à l’étranger. Cela devrait être géré par Nimba Sport’’.
En attendant, souligne le ministre Haba, ‘’nous avons pu obtenir, grâce à la volonté politique du président, une direction générale pour Nimba Sport. Il reste à réaliser l’étude de faisabilité. Nous pensons qu’en 2026, l’opérationnalisation de Nimba Sport nous permettra d’améliorer nos prestations vis-à-vis des athlètes et des prestataires. Il faut savoir que le minisitère doit au principal prestataire plus de 300 milliards GNF, ce qui pourrait amener l’entreprise à la faillite’’.
Il entend œuvre pour ‘’la promotion diplomatique, le repositionnement du pays’’ à travers le sport. ‘’Il s’agit de vendre le drapeau, de valoriser notre branding, et évidemment notre hymne national. Nos athlètes sont des ambassadeurs d’office dans tous les pays. Ce rôle va nous permettre de développer l’économie sportive. En ce qui concerne les stades, vous ne pouvez pas investir 150 millions de dollars dans un stade et espérer pouvoir le gérer avec une direction incapable de rembourser ? C’est pourquoi, nous allons vers la vente de billets. Les événements organisés doivent être payants. Dans les stades du 28 septembre et de Nongo, tout doit être payé afin de nous permettre de rembourser. L’opinion doit se préparer. Si vous souhaitez organiser un meeting ou une activité dans ces stades, rien ne sera gratuit’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 98 97 11/boussouriou.bah@visionguinee.info
Lire l’article original ici







