Élue présidente de la Fédération Guinéenne du Cyclisme en 2016, Aminata Mara a marqué l’histoire de cette discipline sportive à travers ses combats et ses œuvres. Elle est une source d’inspiration pour de nombreuses générations, surtout celles passionnées du sport. Elle a bousculé les mentalités.
Dans une exclusivité accordée à Guineematin.com, la présidente de l’instance dirigeante du Cyclisme a loué les efforts de la femme en faveur du sport en Guinée. Elle a également abordé les maux dont il souffre, avant de tendre la main aux autorités.
Décryptage !
Guineematin.com : Qu’est-ce que le sport représente pour vous ?
Aminata Mara : Je pense que le sport, c’est une vie. Moi, c’est ma vie, c’est ma passion. Parler du sport pour une femme, moi, je pense que c’est se valoriser. Parce que le sport valorise la femme. L’importance que nous, les femmes tirons du sport, est différente des autres. Après combien d’années de vie, vous voulez vous maintenir, vous avez besoin de pratiquer le sport. Même les simples marches là, c’est le sport. Il faut qu’on accepte de pratiquer le sport, de marcher si on a le temps. De mon domaine, c’est le vélo. Que les femmes acceptent d’avoir des vélos dans les chambres. Si vous avez le temps d’avoir 5 minutes seulement de vélo en chambre, c’est déjà quelque chose. Le sport est énorme pour nous les femmes. Parce qu’une femme lâche rapidement. Une femme sport et une femme qui n’est pas sport, mon cher, vous la voyez tout de suite.
Guineematin.com : quelles sont les étapes que vous avez franchies dans le monde du sport avant de devenir la présidente de la Fédération Guinéenne du Cyclisme ?
Aminata Mara : J’ai pratiqué beaucoup de disciplines, mais le vélo non, parce que le vélo avant, les gens pensaient que c’était une discipline seulement réservée aux hommes. Mais, pour la fédération du cyclisme, en tant que sportive, j’ai été consultée pour venir aider les membres de cette fédération. Parce qu’ils savent que c’est une passion pour moi. Le sport, je suis bien là-dedans. C’est pourquoi j’ai accepté d’être au niveau de la fédération. Pour la petite histoire, je ne voulais même pas être présidente, mais ces anciens membres ont su me convaincre pour que j’accepte d’être leur présidente. C’était un défi pour moi à relever.
Guineematin.com : Depuis que vous avez été élue présidente en 2016, quelles sont les actions majeures que vous avez posées en faveur du cyclisme ?
Aminata Mara : Après l’élection, à un mois ou deux mois, il y a eu les Jeux régionaux de la Basse-Côte. J’ai commencé par ces Jeux régionaux de la Basse-Côte pour détecter quelques athlètes. Ça, c’est les Jeux. J’ai fait aussi les Jeux de la Haute-Villée, les Jeux de la Manille. Mais, ce qui a de plus marqué, c’est le tour international. J’ai lancé le tour international en 2019 avec la participation de 11 pays. Vous partez tout de suite sur Google, vous tapez, vous verrez le tour international 2018 de l’Inde. C’est déjà une fierté pour moi. C’est pourquoi j’ai dit que j’avais un défi à révéler, et j’ai révélé ce défi. Il y a eu le tour international 2019 et je vous dis que la Guinée devait organiser le tour féminin.
Guineematin.com : Vous avez été récemment élue membre de la Confédération africaine du cyclisme. Après avoir bénéficié de cette confiance, quelle est la joie qui vous anime aujourd’hui ?
Aminata Mara : Avant de parler d’abord de l’élection, ce que je demande c’est de se valoriser. Parce qu’être au niveau de la Confédération, ce n’est pas évident. Il faut le travail, il faut se donner, prouver que vraiment vous êtes là pour un objectif bien déterminé. J’ai prouvé aux autres pays que je suis là pour le vélo. C’est ce qui a convaincu les autres pays pour voter pour la Guinée. Et ça aussi, je vais vous dire quelque chose, autour des autres pays, si vous me voyez en train de monter et de démonter les vélos en tant que femme, et vous me demandez, ce que ça me fait, c’est une fierté pour moi, et une fierté pour la femme guinéenne. C’est pourquoi je dédie l’élection à la femme guinéenne.
Guineematin.com : Qu’est-ce que vous comptez faire pour mériter aujourd’hui la confiance placée en vous sur le plan continental ?
Aminata Mara : C’est de continuer ce que j’ai commencé. Les autres collègues du continent ont confiance à la Guinée, ont confiance à la Fédération Guinée du Cyclisme. Je ne peux pas parler de moi-même sans parler des membres de la Fédération. Je vous dis, en matière de Cyclisme, la Guinée a été considérée comme un petit pays. Mais maintenant, mon cher, la Guinée est parmi les grandes nations. Ça, c’est déjà quelque chose, c’est déjà une fierté pour moi. Et partout où je passe, les gens sont étonnés en tant que femme africaine comment j’ai eu la facilité de gérer cette discipline, parce que c’est une discipline transversale. C’est une fierté pour toutes les Guinéennes. Ce que vous pouvez faire, vous les femmes, c’est de faire plus que vous les hommes.
Guineematin.com : quel est le rôle que la femme a joué en faveur du sport, précisément du cyclisme en Guinée ?
Aminata Mara : Pas le cyclisme seulement. Quand je parle des fois, je ne parle pas seulement du cyclisme. Je vais toujours parler de mon pays. La Guinée, c’est une fierté. C’est seulement en Guinée qu’on peut voir cinq présidentes de fédérations. Parmi les 54 pays en Afrique, c’est en Guinée seulement qu’il y a 5 présidentes de fédérations. Dans les autres pays, il y a deux, trois. C’est difficile de voir dans les pays. Vous voyez ce que nous apportons avec combien de disciplines dans le pays. Nous sommes parmi les meilleurs (les cinq présidentes de fédérations). Ça veut dire que ça dépasse les limites. Les femmes, nous avons compris maintenant que le sport, c’est pour nous d’abord. Avant de penser aux autres, il faut penser d’abord à nous-mêmes.
Guineematin.com : comment vous parvenez à combiner vos activités ménagères à votre vie professionnelle ?
Aminata Mara : Ça dépend de l’organisation. Mais, il y a des fois des femmes qui ont des problèmes. Ça, c’est au niveau des maris. Si une femme à la chance de tomber sur un mari qui accepte d’accompagner, tu réussis sans problème. C’est pourquoi je dis aux hommes, à nos époux, qu’ils acceptent d’accompagner. Il faut que nos maris nous accompagnent. C’est eux, nos problèmes. Quand une femme est brave et courageuse, elle a toujours le temps de maîtrise de sa famille. On gère ça sans problème. Notre problème, c’est les hommes. Je pense qu’il y a des hommes qui accompagnent. Ils sont à faciliter (…)
Guineematin.com : quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
Aminata Mara : Nous avons des personnes ressources qui peuvent nous accompagner. Si je prends l’exemple sur le cas des maliennes, c’est les personnes ressources, dans les autres pays, c’est les sociétés, les entreprises, mais pourquoi pas la Guinée ? On va passer dans d’autres pays, c’est notre fierté, nous vendons l’image de notre pays, le drapeau qui flotte à l’international, on ne va pas parler de telle ou de telle, on va parler toujours de la Guinée, le tricolore. Il faut qu’ils acceptent de nous accompagner. Il faut que ces entreprises, ces personnes ressources acceptent de nous accompagner. Nous avons des problèmes. Il faut que les entreprises acceptent de nous aider. Je vais profiter pour remercier mon ministère de tutelle, remercier le comité olympique, remercier les membres de la fédération et remercier la presse guinéenne. C’est eux qui nous valorisent. À travers ces images-là, nous sommes vus et l’opinion internationale a tiré notre attention pour leur prouver que nous vivons, nous pédalons aussi le vélo. Je demande à mes sœurs, à mes mamans, à mes copines de pédaler le vélo. Parce que le vélo nous aide à nous maintenir.
Entretien réalisé par Kaïn Naboun TRAORÉ pour Guineematin.com
Tel : (+224) 621 14 48 91
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