Mohamed Bintou Keïta, directeur général adjoint de l’Institut de recherche sur le patrimoine et linguistique appliquée

C’est désormais officiel, la Confédération africaine de football (CAF) a introduit l’usage des langues nationales lors des conférences de presse du Championnat d’Afrique des nations (CHAN). La décision, saluée à travers le continent, permet aux journalistes de poser leurs questions aux joueurs et entraîneurs en langues africaines. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, Mohamed Bintou Keïta, Directeur général adjoint de l’Institut de recherche sur le patrimoine et linguistique appliquée, a exprimé sa satisfaction. Il salue « une excellente initiative des autorités de la CAF » visant à valoriser les langues africaines dans les compétitions continentales.

Jusqu’ici, seules les trois langues officielles de la CAF : le français, l’anglais et l’arabe, étaient autorisées en conférence de presse. Désormais, les langues nationales font leur entrée, dans un cadre encadré et avec certaines restrictions.

Pour Mohamed Bintou Keïta, cette innovation rapproche les acteurs du football de leur culture d’origine et facilite la transmission authentique des émotions. « Quelqu’un qui s’exprime dans sa langue maternelle transmet mieux ses sentiments. Nous avons vu beaucoup de joueurs, y compris guinéens, qui n’ont pas eu un long parcours scolaire. Leur permettre de parler dans leur langue, c’est leur rendre leur dignité », explique-t-il, citant l’exemple de l’ancien international Mamadi Kaba Dieng.

Selon lui, cette mesure est aussi une manière de lever la barrière linguistique qui peut parfois provoquer stress et incompréhension chez les joueurs. Il insiste sur l’usage du terme langue nationale plutôt que langue locale. « Locale par rapport à quoi ? Le français est la langue locale des peuples francs, l’anglais celle des peuples anglais », souligne-t-il.

Mohamed Bintou Keïta souhaite que d’autres institutions africaines, comme la CEDEAO et l’Union africaine, adoptent la même approche. « L’Union européenne compte 27 pays et chacun parle sa langue au Parlement européen, avec des services d’interprétation. Nous aussi, nous pouvons nous comprendre entre chefs d’État en bambara, en dioula, en maninka, avec des interprètes si nécessaire », plaide-t-il.

Cette initiative avait déjà été testée lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN) en Côte d’Ivoire, avec un fort engouement du public et une hausse de l’audience des plateformes de communication de la CAF. Fort de ce succès, l’expérience est reconduite au CHAN 2025, qui se joue au Kenya, en Tanzanie et Ouganda, conjointement, où les officiers médias facilitent désormais l’expression des entraîneurs et joueurs dans leurs langues nationales lors des conférences de presse.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com



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