Le ministre des sports, Bogola Haba, dresse un diagnostic sans concession du football guinéen et révèle les nombreux obstacles qui ont freiné son évolution. Selon lui, le Syli national a longtemps fonctionné au hasard. Il annonce des réformes et un encadrement structuré pour professionnaliser la sélection des joueurs.
‘’Le football était complètement malade. Ça commence par la gouvernance, la Fédération guinéenne de football. C’était considéré comme une entité complètement indépendante, que l’État n’a aucun pouvoir dessus alors que c’est une délégation de pouvoirs. D’abord, il fallait rétablir cette vérité. Ça a été difficile. Il fallait leur dire clairement que le football, comme les autres disciplines, n’est qu’une délégation de pouvoir et que l’État peut retirer. Qu’ils comprennent qu’ils doivent se soumettre à l’autorité de l’État, ce qui n’était pas le cas avant. Cela a été établi’’, se réjouit le ministre des sports.
L’autre élément, poursuit Bogola Haba, ‘’il y avait 4 à 5 groupes depuis les 10 dernières années qui faisaient la guerre. Quand M. A vient, pour ne pas qu’il réussisse, les autres le combattent. Lui, il a son groupe de journalistes, de blogueurs. En équipe nationale, chacun a ses joueurs qui viennent de son club, de son académie. Forcément, ils lui sont redevables. Forcément, quand il dit ‘ne viens pas’, le joueur dit qu’il est malade, qu’il a un problème familial ou une autre situation. Donc, le problème de gouvernance avait déjà affecté la situation’’.
Mais, souligne-t-il, ‘’on a demandé à ce qu’on résolve ce problème et qu’on ne soit plus d’accord d’aller dans une question de CONOR, de transition. Ensuite, nous avons dit que cette gouvernance était concentrée qu’à Conakry (…). Il fallait faire en sorte que la question de gouvernance ne puisse dépendre de l’humeur d’un opérateur économique, d’un lobbying. Cela est déjà un acquis’’.
Il fait remarquer que ‘’nous avons changé un paradigme important qui dit que le ministre, son résultat important c’est celui du Syli. Mais moi, personne ne m’a vu jouer. Le ministre dégage les moyens et l’obligation des moyens, pas l’obligation du résultat des sportifs qui sont sur le terrain. Si les 11 n’arrivent pas à courir comme il faut, ce sont eux qui sont responsables du résultat sportif. Mais la vérité, c’est que nous avons voulu récolter ce que nous n’avons pas semé. C’est quoi ? Aujourd’hui, c’est seulement en Guinée qu’on peut avoir un joueur en équipe nationale par hasard’’’.
Désormais, ajoute le ministre Haba sur la Radio parlementaire, ‘’cela devait être un processus. On devait connaître les moins de 15 ans. C’est ce que nous avons commencé à faire. Aujourd’hui, nous avons fait toutes les ligues pour pouvoir choisir les moins de 17 ans. Et aujourd’hui, nous avons une liste de 35 qui vont être sélectionnés pour que nous puissions avoir une équipe type. Il y aura un encadrement’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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