
Le choix de Paulo Duarte comme nouveau sélectionneur guinéen continue d’alimenter les débats en Guinée. Ancien entraîneur du Burkina Faso, du Gabon et, plus récemment, du Togo entre 2021 et 2023, le Portugais prend les rênes d’une équipe en perte de vitesse, incapable de se qualifier pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Maroc. Interrogé sur ce choix par un reporter de Guineematin.com ce jeudi, 14 août 2025, Alpha Mady Touré, journaliste sportif à CIS Média, estime qu’il est temps de tourner la page et de se consacrer à l’essentiel : doter notre pays d’une sélection à la hauteur de nos attentes.
« J’ai souvent un problème avec la méthode de sélection des entraîneurs en Afrique, surtout en Afrique subsaharienne, le fameux appel à candidature. Je pense que toute fédération sérieuse devrait avoir les techniciens nécessaires pour pouvoir réfléchir et dessiner un profil idéal afin de trouver un technicien qui va avec le projet de développement qu’ils ont mis en place. Mais bon, on a fait l’appel à candidature, il y a eu des dossiers apparemment et ils sont tombés d’accord. La commission qui était là s’est entendue sur M. Paulo Duarte, qui a quand même de l’expérience sur le continent, puisqu’il a fait un bon parcours avec le Burkina Faso lors de son deuxième passage. Il a été dans d’autres pays, même si les réussites n’ont pas été les mêmes qu’au Burkina, parce que tous ses faits d’armes, en réalité, c’est au Burkina Faso. Après, il va falloir comprendre c’est quoi son projet, ce qu’il veut vendre à la Guinée, ce qu’il veut donner comme contenu à la Guinée. La Guinée, c’est un pays qui regorge de plein de potentiel. Il y a des joueurs talentueux qui jouent, pour certains, dans des clubs respectables, et pour d’autres qui ont du temps de jeu ailleurs. Ce qu’il faut, c’est un entraîneur qui peut faire un bon mélange de tout ça pour que le jeu s’améliore, mais aussi que les résultats viennent. Parce qu’il est arrivé qu’on joue et qu’il n’y ait pas de résultats, ou qu’il y ait des résultats mais avec un problème de contenu. L’entraîneur, normalement, en venant dans l’équipe nationale, doit pouvoir connaître tous les maux dont souffre l’équipe et pouvoir y remédier. On lui souhaite bonne chance, parce qu’on ne peut plus rien : il est déjà là. Ce n’est plus le moment de remettre en cause un profil, c’est le moment surtout d’encourager et de voir les premiers pas de l’entraîneur en question », a déclaré Alpha Mady Touré.
Par ailleurs, Alpha Mady Touré estime que la réussite du nouveau sélectionneur passera aussi par l’assainissement de l’environnement autour de l’équipe nationale, la mise en place d’un staff compétent, ainsi que le renforcement de la cohésion entre les joueurs. « Il faut prendre les meilleurs du moment, que ce soit des joueurs locaux ou expatriés. La priorité, c’est de prendre les meilleurs du moment. L’autre priorité, selon moi, c’est d’assainir l’environnement de l’équipe nationale. Ce n’est pas en plaçant X ou Y à un poste ou à un autre, mais le staff qui doit accompagner le staff technique, le staff d’appui, ce qu’on appelle communément le staff d’appui doit être un staff de qualité, composé de gens intègres et qui ne sont pas là pour pourrir l’atmosphère au sein du Syli. Parce que le constat est très amer : ceux qui sont proches de l’équipe vous le diront, il n’y a vraiment pas de cohésion au sein du groupe du Syli national. Le résultat vient à partir de la cohésion. Il faut que les joueurs regardent dans la même direction, qu’il y ait un leader, que tout le monde suive et qu’il y ait un objectif commun pour tous les joueurs. L’entraîneur a un grand rôle à jouer dans ce sens. Le Paris Saint-Germain vient de remporter un nouveau trophée : on voit l’impact que leur coach actuel a sur cet état d’esprit. Il faut un état d’esprit commun mis en place par l’entraîneur et que les joueurs suivront de façon très stricte. Comme ça, la priorité sera l’équipe nationale et non les performances individuelles des uns et des autres. Les objectifs ont été fixés : il y a la prochaine CAN, pas celle qui vient, car on n’est pas qualifié. Il faut se qualifier pour la CAN 2027 et atteindre au moins la demi-finale. C’est un objectif assez important qui lui a été fixé. Je ne peux pas juger tout de suite sans le voir à l’œuvre lors des éliminatoires de la Coupe du Monde qui arrivent en septembre. Comme je vous l’ai dit, il a été bon avec le Burkina, mais avec les autres, ce n’était pas tout à fait ça. Je ne peux pas dire que c’est un entraîneur qui va produire du résultat tout de suite. Je ne peux pas non plus dire qu’il sera mauvais, car ça dépend des sélections que tu as, de la richesse des effectifs, etc. Comme je vous l’ai dit, la Guinée a un effectif qui est plus ou moins riche. Ce qu’il reste à faire, c’est une bonne organisation, un bon management pour aller chercher les résultats », a-t-il dit.
Ismael Diallo pour Guineematin.com
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